Notre histoire

Guillaume Millière, marchand Drapier, et son épouse Guillemette Durand firent édifier cette maison en 1483 « derrière l’église Nostre-Dame « pour faire l’embellissement de la rue » à l’emplacement d’une bicoque qu’ils avaient acquise des Chanoines de la Sainte Chapelle.

Cinq ans plus tôt, Charles le Téméraire tombait devant Nancy et Louis onze rattachait la Bourgogne à la France. Christophe Colomb allait découvrir l’Amérique; c’était la fin du Moyen Age.

Une lignée d’artisans et de marchands fit traverser les siècles à cette maison qui incarne pour les touristes, comme pour les Dijonnais, l’âme de la Bourgogne.

La Maison Millière a su traverser les siècles malgré les arrêtés municipaux interdisant la rénovation des vieilles bâtisses en bois pour lutter contre les incendies qui ravagèrent la ville à maintes reprises.

Fermée pendant des décennies, un temps devenue l’entrepôt d’une quincaillerie, la belle endormie n’était pas loin de rendre l’âme sous l’effet conjugué de la pluie et du temps à l’assaut de ses poutres plusieurs fois centenaires ; sa dernière restauration datant de 1927.

Qui n’a pas rêvé devant ses arcades en anse de panier, son banc de pierre et ses colombages en croix de Saint André curieusement comblés de briques vernissées !

L’étage présente en alternance d’étroites fenêtres ornées de choux frisés, de pampres et de masques énigmatiques. Une grosse poutre d’encorbellement montre à sa gauche un carnassier couché et à sa droite un lion débonnaire qui tient sous sa patte un écusson aux initiales des fondateurs : deux G gothiques reliés par une « cordelière d’amour ».

Sur son toit, un Chat en étain et un Grand Duc en céramique participent du rituel de Vœux lié à la petite Chouette sculptée dans la pierre d’un des contreforts de l’église. Son jardin intérieur nommé « le Merle chez qui j’habite » s’évade à travers les vignes pour se perdre dans la campagne Bourguignonne.

Dans un cadre exceptionnel baigné d’histoire et de bonnes vibrations, la Maison Millière est classée monument historique. Il y fut tourné une partie du film « Cyrano de Bergerac » de J.P. Rappeneau avec Gérard Depardieu. Un chef d’œuvre!

Un an de travaux réalisés en 1998 dans les règles de l’Art par des maîtres compagnons fut nécessaire pour qu’elle s’ouvre enfin aux Dijonnais grâce à un amoureux des maisons à pans de bois, Philippe Bernard, propriétaire et un couple d’artisans d’art passionnés, Lydia et Jean François Lieutet.